Intercontrat et TACE

Répondre à un appel d'offres en 48 h : trouver le bon consultant dans son vivier

Un déroulé en 48 heures pour répondre à une demande de prestation : qualifier, chercher dans le vivier, vérifier la disponibilité, envoyer le dossier.

Kamel Msaoubi, fondateur de SpiribasePublié le 7 min de lecture

Une demande de prestation arrive rarement au bon moment. Elle tombe un jeudi après-midi, par un portail achats ou par un mail du client, avec une date limite que le client a fixée pour lui et pas pour vous. Les ESN qui la gagnent ne sont pas celles qui ont le meilleur consultant ; ce sont celles qui envoient un dossier crédible avant les autres. Voici comment tenir 48 heures sans sacrifier la qualité de la réponse, et ce que cela suppose de préparer avant.

Pourquoi 48 heures

Sur les demandes de régie et d'assistance technique, le client ferme souvent la consultation dès qu'il a deux ou trois profils qui lui conviennent. Le délai annoncé est un maximum, pas une garantie ; les premiers dossiers reçus fixent la référence contre laquelle les suivants sont lus. Répondre en 48 heures n'est pas une performance : c'est le délai au-delà duquel la demande a, dans bien des cas, déjà trouvé preneur.

Ce délai est tenable à une condition : que la recherche du consultant et la production du dossier ne partent pas de zéro. Tout ce qui suit consiste à déplacer le travail avant la demande. L'enjeu se chiffre : chaque demande manquée, c'est un consultant qui reste sur le banc quelques semaines de plus, et le calculateur du coût de l'intercontrat dit ce que ces semaines coûtent dans votre structure. Réduire ce délai de réponse est d'ailleurs l'un des leviers que détaille Intercontrat : le calculer, le réduire, le piloter.

Heure 0 à heure 2 : qualifier la demande

La première erreur est de lancer la recherche dès la lecture de la demande. Deux heures de qualification en font gagner dix.

Lisez la demande pour en extraire ce qui compte réellement : les trois compétences sans lesquelles le profil sera écarté, le niveau de séniorité attendu, le lieu et le rythme de présence, la date de démarrage, la durée, et le budget ou le TJM cible s'il est indiqué. Le reste — la liste de vingt technologies « appréciées », le contexte du projet — informe le dossier mais ne filtre pas la recherche.

Si un élément est ambigu, appelez. Et une demande qu'on ne peut pas qualifier en deux heures — parce que le client ne sait pas lui-même ce qu'il veut — mérite qu'on décide tout de suite si l'on y répond.

Heure 2 à heure 8 : chercher dans le vivier

Le vivier d'une ESN, ce sont ses consultants salariés, ses freelances déjà référencés et les candidats rencontrés au cours des derniers mois. C'est là que se trouvent les profils dont vous connaissez le TJM, la disponibilité et la manière de se comporter en mission. Chercher à l'extérieur avant d'avoir épuisé le vivier coûte du temps et fait perdre l'avantage principal : la vitesse.

Cette étape ne tient dans les délais que si le vivier est interrogeable par ce que la demande exige : compétence, secteur, séniorité, disponibilité. Un dossier partagé plein de PDF ne l'est pas ; une CVthèque qui a lu chaque CV, extrait les compétences et daté la dernière disponibilité connue l'est. Sur cette base, un matching qui classe les profils du vivier selon la demande, en expliquant pourquoi chacun est proposé, réduit la présélection à une heure — à condition de relire ses résultats, pas de les recopier.

Pour les consultants salariés, la disponibilité est celle du plan de charge. Si vos missions et vos fins de mission vivent dans BoondManager, le connecteur rapproche le vivier de la disponibilité réelle sans exporter un fichier.

Trois profils, pas dix

Sortez de la recherche avec trois profils au plus : un qui correspond exactement, un légèrement plus senior, un légèrement moins cher. Le client ne lira pas dix dossiers ; il en lira deux et jugera votre compréhension de son besoin à celui que vous avez mis en premier.

Heure 8 à heure 24 : vérifier, puis appeler

Un dossier envoyé sans avoir parlé au consultant est un dossier qui expose l'ESN. Pour chacun des trois profils, dans cet ordre :

  1. La disponibilité réelle à la date de démarrage, y compris le préavis s'il est en mission ailleurs, et les congés déjà posés.
  2. L'intérêt pour la mission — lieu, rythme, sujet. Un consultant qui accepte une mission qu'il ne veut pas la quitte dans les trois mois.
  3. Le TJM : celui que vous proposerez au client et celui que le consultant accepte, s'il est freelance.
  4. Les points du dossier à mettre à jour : la dernière mission, une certification passée depuis, une compétence montée en niveau.

Cet appel dure vingt minutes et évite les deux échecs les plus coûteux : le consultant indisponible découvert après l'entretien client, et le consultant qui refuse la mission une fois retenu.

Heure 24 à heure 40 : produire le dossier

C'est ici que les 48 heures se perdent d'ordinaire. Le dossier de compétences existe, mais dans une version d'il y a dix-huit mois, dans un format Word que personne ne sait mettre à la charte, avec un intitulé de mission qu'il faut réécrire pour le client.

Le déroulé qui tient le délai : partir de la fiche du consultant plutôt que de son ancien dossier ; y ajouter la dernière mission telle que l'appel l'a précisée ; générer le dossier à la charte depuis cette fiche, comme le fait la génération de dossier depuis l'analyse de CV ; puis relire en se posant une seule question — un DSI qui lit ce dossier en trois minutes comprend-il pourquoi ce consultant convient à cette demande ? Le modèle de dossier de compétences que nous détaillons ailleurs est construit pour cette lecture-là.

Si le client impose l'anonymat — pas de nom, pas de photo, initiales seulement — appliquez les règles de l'article sur le dossier anonymisé et le RGPD : ce que vous retirez, ce que vous gardez, et ce que vous devez dire au consultant.

Heure 40 à heure 48 : envoyer, tracer, relancer

Envoyez les dossiers avec un message court : pour chaque profil, en deux phrases, pourquoi il répond aux trois compétences qui comptent, sa disponibilité, son TJM — de quoi décider sans ouvrir les pièces jointes.

Puis tracez. La demande, les profils proposés, la date d'envoi, la réponse du client — tout cela vit dans le pipeline, pas dans une boîte mail. C'est ce qui permet, la semaine suivante, de savoir quelles demandes sont encore ouvertes et quels consultants ont déjà été présentés à ce client, et le mois suivant, de mesurer votre délai de réponse réel.

Relancez à 48 heures si le client n'a pas répondu, avec une précision utile — disponibilité confirmée, référence — plutôt qu'un simple rappel.

Ce qu'il faut avoir préparé avant la demande

Le déroulé ci-dessus suppose quatre choses en place, et aucune ne se met en place en 48 heures :

  • un vivier lu et qualifié, où chaque profil porte ses compétences, sa séniorité et une date de disponibilité ;
  • des fiches consultants à jour, mises à jour à chaque fin de mission et non à chaque demande ;
  • un modèle de dossier à la charte, généré et non recopié ;
  • une trace de toutes les demandes précédentes, pour ne pas reproposer au même client un profil qu'il a déjà écarté.

Les automatisations qui relancent un consultant pour sa disponibilité ou qui rappellent une fin de mission à venir font une partie de ce travail en tâche de fond. Le reste est une discipline : chaque fin de mission met à jour la fiche, chaque demande passe par le pipeline.

FAQ

Faut-il répondre à toutes les demandes de prestation reçues ?

Non. Une demande qu'on ne peut pas qualifier — parce que le client ne sait pas ce qu'il cherche — ou pour laquelle le vivier n'a aucun profil proche coûte 48 heures pour une probabilité faible. Décider en deux heures de ne pas répondre, et le dire au client, est une réponse en soi ; elle préserve le temps pour les demandes qu'on peut gagner.

Combien de profils envoyer pour une demande ?

Trois au plus : celui qui correspond exactement, un plus senior, un moins cher. Le client lit rarement plus de deux dossiers, et il juge la compréhension du besoin à l'ordre dans lequel vous les présentez. Dix profils signalent que vous n'avez pas choisi.

Que faire si le consultant idéal est en mission jusqu'au mois prochain ?

Le proposer quand même, en indiquant la date de disponibilité réelle et le préavis. Beaucoup de démarrages annoncés « immédiats » glissent de plusieurs semaines pour des raisons internes au client ; un profil exact disponible dans trois semaines est souvent préféré à un profil approximatif disponible demain. Ce qui n'est pas acceptable, c'est de ne pas le dire.

Et dans votre ESN ?

Spiribase relie votre vivier, vos demandes de prestations et vos dossiers de compétences — mesurer le temps non facturé, le réduire, et répondre plus vite quand une demande arrive.

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